Publié le 28 Avril 2017

Vous pouvez me retrouver sur le site de l'ACAI (association comtoise d'auteurs, indépendante)

http://www.auteurs-comtois-acai.fr/aut-gand-a.html

Voir les commentaires

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #information

Repost 0

Publié le 31 Mars 2017

Cet article est reposté depuis Le Capital des Mots - Magazine..

Voir les commentaires

Rédigé par Le Capital des Mots

Repost 1

Publié le 27 Février 2017

Cet article est reposté depuis Le Capital des Mots - Magazine..

Voir les commentaires

Rédigé par Le Capital des Mots

Repost 1

Publié le 20 Janvier 2017

Cet article est reposté depuis Le Capital des Mots - Magazine..

Voir les commentaires

Rédigé par LE CAPITAL DES MOTS

Repost 1

Publié le 20 Janvier 2017

Elle en avait vu de l'autre la Marie, ma Mémé. Elle avait connu le guerre qui tua son Auguste, les Bosches qui campèrent sans gêne dans sa demeure, mettant les pieds sur la table, volant les poules, les œufs, les produits du jardin. Mais elle a tenu bon et aujourd'hui, elle sourit au soleil, sous son chapeau de paille un peu éliminé, elle bêche la terre de son champs pour en sortir de belles patates jaunes, des carottes, des betteraves.... Elle salive déjà à l'idée des bonnes soupes chaudes, des potées fumantes.

Son horloge sonne, soudain chante un oiseau. Chaque heure apporte un nouveau chant mélodieux et un peu de compagnie, même artificielle à Marie. Elle traine sa jambe qui a mal été opérée par un chirurgien de l'hôpital, sur le parquet ciré. Si elle souffre elle n'en dit rien, elle semble rester de marbre ma Mémé mais préfère blaguer ou se moquer gentiment de nous. Par contre, elle rouspète si l'on coupe la parole, si l'on ne dit pas merci ou encore si l'on a pas essuyé nos chaussures sur le tapis de l'entrée.

Ses petits gâteaux sont comme des pages de livre avec juste un mot sur la surface couleur miel, des mots qui nous éveillent, qui nous font parler et qui désormais, restés en notre mémoire, nous manquent et nous rendent nostalgique de cette époque bénite où le goûter chez Mémé avait des allures de tendresse et de jeux. On riait entre frère et soeurs, regardant avec appétit la garniture de la table, guettant le tiroir secret de Mémé dans l'espoir d'avoir une image à collectionner.

Mémé c'était une dure au coeur tendre et on l'aimait alors sans vraiment le savoir. On ne l'a sut que plus tard, à la fin de sa vie, alors qu'elle était diminuée sur son fauteuil roulant et qu'elle jetait par la fenêtre de la maison de retraite des miettes de pain aux moineaux. Les images des souvenirs un peu floues, se bousculent à l'esprit. Entre larmes et sourires. Puis, elle est partie, en disant qu'elle avait juste un petit rhume.

Elle ne tricotait pas ma Mémé mais ses doigts tordus avait l'or que seule une grand-mère peut posséder, celui des bisous baveux sur la joue mais qu'au fond on réclame comme une caresse, celui de sa voix si particulière que l'on entend plus, celui de sa bienveillance masquée sous des grondements autoritaires.

Elle n'avait donc jamais fait pour nous un seul tricot mais avait bien plus, je le sais désormais. Elle tricotait la vie, des instants uniques, des sourires et des pleurs, des images pour nos souvenirs, pour notre mémoire et nos futures solitudes à combler. Elle tricotait des bulldozers à sa façon, tout un univers pour l'après elle.



L.G.

Voir les commentaires

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #Récit

Repost 0

Publié le 16 Janvier 2017

Une bouteille à la mer
engloutie par les flots,
chahutée au hasard
de sa course pris fin
échouée sur un sable blond.

Au soleil,
le verre luisant,
mouettes à l'aveuglette, rouspétant,
coques toquent croyant à l'asile
mais au demeure, rien ne bouge, ni ne s'ouvre,
la sécheresse seule en partage.

L'homme rêveur et solitaire
pas enfoncés,
le regard sur l'horizon
s'apaise devant le scintillement bleu.
De l'orteil, soudain, l'obstacle le chagrine,
rêverie emportée par la douce brise.

La bouteille dans sa nudité de vierge
étonne l'oeil à peine éveillé
et de doigts, l'homme frôle la paroi
caressant l'intime.

La rose éblouit,
sa couleur plus féminine,
ses épines soudain pudiques
danse dans son arène
dans sa robe blanche
à peine bleutée.

L'homme scrute,
l'envie et le désir mêlé.
La rose et belle
et sa danse de sabbat hypnotique.
Il caresse le verre,
le presse entre ses doigts,
l'effleure de ses lèvres
et n'y pouvant plus libère les trésors contenus.

La rose inspire,
l'air iodé jusqu'au bout des pétales,
titillant ses épines
soupire d'aise
et défroisse sa robe qui éclate au soleil
et glisse de sa tige
avec délice.

L'homme sourit,
la beauté sous les yeux
et regarde la robe étalée soudain sur les grains dorés
qui ondule, se déplie et s'étire comme pour prendre la pause
et rosir sous l'astre chaleureux.

Quelques taches bleues
attirent l'homme
qui intrigué,
s'agenouille
comme en prière.

Des mots,
des mots jaillissent
comme des saphirs étoilés
et le plongent dans le monde de Kâma.

Son regard troublé vogue dans le lointain
aspirant à un autre naufrage
ou à l'arrivée d'une sirène.

Un vent de sable se lève,
perturbant le songe
et balayant toute trace.

Sur le sable seule,
la forme élancée d'une silhouette
conta l'histoire...

L.G.

Voir les commentaires

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

Repost 0

Publié le 18 Décembre 2016

Soudain, devant sa majesté des lettres, je me suis senti petit, si petit. Avais-je alors rétréci ? Il me regardait de sa sagesse que je qualifiais de légendaire, derrière ses lunettes qui lui tombaient légèrement sur le nez. Son regard bleu acier aurait dû me faire peur mais j'y voyais étrangement là toute l'impressionnante carrière de lettres qui y défilait, un passé riche d'expériences et un brin de malice enfantine de celle que l'on voit chez les gens qui ont eu une enfance normale et heureuse même si ce n'était pas celle née avec une cuillère en or dans la bouche. Dans ses yeux-là, je me suis imaginé l'univers d'un enfant courant dans les ruelles d'un petit village, cavalcade joyeuse avec ses camarades de cris-échos, de hurlements du tonnerre à faire tressauter de peur Monsieur le Curé affublé de sa soutane, frôlant les murs d'une bâtisse, le chapelet en main, telle une ombre furtive. Les enfants, joues rouges de la course, brandissant des bâtons, semblaient des guerriers féroces que l'on regardait d'un mauvais oeil. La traversée du village brisait le silence seulement interrompu par le rythme temporel couronné par le tintement du clocher. Puis, tout se tassait, au loin encore le murmure enfantin. Les chemins de pierres alors trouvaient leurs maîtres, les grillons arrêtaient leur chant, camouflés dans les herbes folles et dans les prés les vaches curieuses, stoppaient leur mâchouillement, l'air hébété. Les enfants hurlaient au vent, sortant leur lance-pierre. Sa majesté des lettres avaient dû être ainsi, un peu comme ses acteurs de La guerre des boutons de Yves Robert d'après l'oeuvre de Louis Pergaud datant de 1912.
Ma petitesse était un hommage que je lui rendais avec une joie profonde. Devenir soudain, un instant tel un petit pois qu'il pouvait prendre facilement dans sa main et déguster à sa guise devenait honneur. Je buvais ses paroles avec délice, un sourire fendu d'une admiration sans borne, regrettant de n'avoir sous la main le petit carnet de notes mais forçant ma mémoire à travailler plus durement pour retenir le moindre mot comme un trésor inestimable. L'élève devant le maitre, materné par le désir d'une connaissance ancestrale, l'orgueil dans les chaussettes et les yeux brillants. Je regardais ses livres comme on regarde des jouets sous le sapin de Noël, chaque couverture alors tel un beau papier cadeau, l'envie d'en dévorer chaque page, chaque ligne, chaque mot, d'en creuser la profondeur et de me contenter de cette nourriture spirituelle jusqu'à la fin de mes jours.
Il avait son stylo pour apposer à l'éternité son écriture manuelle, un stylo bien ordinaire cependant mais sa prestance, l'art même dans ses cheveux et sa barbe blanche, son élégance dans son costume noir impeccable relevé d'une note digne d'un gentleman avec son écharpe immaculée, me le renvoyait au siècle du grand Hugo, seul dans sa chambre qui grattait généreusement sa barbe bien fournie, debout face à son bureau surélevé, la plume en main. Le petit pois devint peau de chagrin, les yeux comme des billes, soudain muet, se tordant bras et jambes tel un enfant devant son grand-père, attendant la récompense sucrée.
L'autographe authentique ne fut lue que plus tard, dans l'intimité de la maison, digérant sans vraiment le faire la rencontre unique et se remémorant encore chaque parcelle d'images désormais ancrées à l'esprit. L'écriture d'un illustre, rebelle et pourtant droite, à elle seule énigmatique et déjà noble maîtresse, qui faisait de l'ouvrage un chef-d'œuvre de musée, frêle au toucher, riche de son contenu sorti de mon conte favori dont je suis l'humble passeur de voix et de mots... Mon heure de petit pois.

L.G.

Voir les commentaires

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #Récit

Repost 0

Publié le 11 Décembre 2016

Cet article est reposté depuis Le Capital des Mots - Magazine..

Voir les commentaires

Rédigé par LE CAPITAL DES MOTS

Repost 1

Publié le 4 Décembre 2016

 

Au crépuscule, les ombres se tapissent entre les murs, déserte la clarté, les saveurs du jour assassinées, les regards soudain plus en alerte, veillent. Aux heures plus sombres, les visages se suspendent, les peurs enfantines ressurgissent laissant mourir les adultes. On se cale un repère. Les bruits inquiètent. A quand le jour ? On tente de faire semblant, le fort doit être, le faible meurt. On agrippe les musiques, les séances visuelles, les feuilles de papier pour se donner du courage et une contenance. Laisser une trace pour tromper la mort. La larme à couvert, vite séchée d'un revers de main. Ne rien montrer, non. Les mains tremblent comme tout le corps. L'envie de hurler sa plainte, de se griser des beautés de la nuit, de se libérer de ses chaines, de suivre tous les possibles. Les ongles raclent la peinture des murs. Laisser une trace. Il faudra qu'ils sachent ce qui s'est passé là. Le crâne prêt à éclater. L'esprit en partance... Devenir autre. Devenir loup. Sauvage. Se sentir courir les plaines. Savourer enfin le vent, se brise fraiche. Sentir les muscles saillants bondir. Humer l'air. Vivre.
Hurler dans la nuit gueule ouverte. Jusqu'à peut-être son dernier souffle mais tant pis. Abattre ses dernières cartes pour ne rien regretter. Plonger son regard fauve dans la nuit, en scruter le moindre mouvement, la moindre vie. Capter un coeur qui bat. Le coeur. Se mettre à son diapason et sentir alors cet apaisement offert, le sang après des rapides. La plénitude. Et regarder la lune, sa rondeur exquise. Le coeur en une seconde comme des petits papillons voltigeant dans la nuit. Une légèreté agréable. Le sourire se dessine sur les lèvres. Les paupières se ferment. La feuille entre les doigts, noircie de mots. Entre les murs pourtant...

L.G.

Voir les commentaires

Rédigé par Laëtitia

Repost 0

Publié le 22 Novembre 2016

à la base de sa barbe,
des larmes se meurent
avant la chute.

 

L'oeil vitreux,
semble contenir le monde.
Les flammes n'y dansent plus.

 

Le néon clignotant
a pris le soleil.
Il fait froid...

 

Les mots chantent dans sa tête
refusant de se poser.
La liberté, à ce prix.

 

Un bout de ciel au-delà de la vitre.
Une vie
et il est là à l'attendre...

 

L.G.

Voir les commentaires

Rédigé par Laëtitia

Repost 0