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Publié le 20 Janvier 2017

Elle en avait vu de l'autre la Marie, ma Mémé. Elle avait connu le guerre qui tua son Auguste, les Bosches qui campèrent sans gêne dans sa demeure, mettant les pieds sur la table, volant les poules, les œufs, les produits du jardin. Mais elle a tenu bon et aujourd'hui, elle sourit au soleil, sous son chapeau de paille un peu éliminé, elle bêche la terre de son champs pour en sortir de belles patates jaunes, des carottes, des betteraves.... Elle salive déjà à l'idée des bonnes soupes chaudes, des potées fumantes.

Son horloge sonne, soudain chante un oiseau. Chaque heure apporte un nouveau chant mélodieux et un peu de compagnie, même artificielle à Marie. Elle traine sa jambe qui a mal été opérée par un chirurgien de l'hôpital, sur le parquet ciré. Si elle souffre elle n'en dit rien, elle semble rester de marbre ma Mémé mais préfère blaguer ou se moquer gentiment de nous. Par contre, elle rouspète si l'on coupe la parole, si l'on ne dit pas merci ou encore si l'on a pas essuyé nos chaussures sur le tapis de l'entrée.

Ses petits gâteaux sont comme des pages de livre avec juste un mot sur la surface couleur miel, des mots qui nous éveillent, qui nous font parler et qui désormais, restés en notre mémoire, nous manquent et nous rendent nostalgique de cette époque bénite où le goûter chez Mémé avait des allures de tendresse et de jeux. On riait entre frère et soeurs, regardant avec appétit la garniture de la table, guettant le tiroir secret de Mémé dans l'espoir d'avoir une image à collectionner.

Mémé c'était une dure au coeur tendre et on l'aimait alors sans vraiment le savoir. On ne l'a sut que plus tard, à la fin de sa vie, alors qu'elle était diminuée sur son fauteuil roulant et qu'elle jetait par la fenêtre de la maison de retraite des miettes de pain aux moineaux. Les images des souvenirs un peu floues, se bousculent à l'esprit. Entre larmes et sourires. Puis, elle est partie, en disant qu'elle avait juste un petit rhume.

Elle ne tricotait pas ma Mémé mais ses doigts tordus avait l'or que seule une grand-mère peut posséder, celui des bisous baveux sur la joue mais qu'au fond on réclame comme une caresse, celui de sa voix si particulière que l'on entend plus, celui de sa bienveillance masquée sous des grondements autoritaires.

Elle n'avait donc jamais fait pour nous un seul tricot mais avait bien plus, je le sais désormais. Elle tricotait la vie, des instants uniques, des sourires et des pleurs, des images pour nos souvenirs, pour notre mémoire et nos futures solitudes à combler. Elle tricotait des bulldozers à sa façon, tout un univers pour l'après elle.



L.G.

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 18 Décembre 2016

Soudain, devant sa majesté des lettres, je me suis senti petit, si petit. Avais-je alors rétréci ? Il me regardait de sa sagesse que je qualifiais de légendaire, derrière ses lunettes qui lui tombaient légèrement sur le nez. Son regard bleu acier aurait dû me faire peur mais j'y voyais étrangement là toute l'impressionnante carrière de lettres qui y défilait, un passé riche d'expériences et un brin de malice enfantine de celle que l'on voit chez les gens qui ont eu une enfance normale et heureuse même si ce n'était pas celle née avec une cuillère en or dans la bouche. Dans ses yeux-là, je me suis imaginé l'univers d'un enfant courant dans les ruelles d'un petit village, cavalcade joyeuse avec ses camarades de cris-échos, de hurlements du tonnerre à faire tressauter de peur Monsieur le Curé affublé de sa soutane, frôlant les murs d'une bâtisse, le chapelet en main, telle une ombre furtive. Les enfants, joues rouges de la course, brandissant des bâtons, semblaient des guerriers féroces que l'on regardait d'un mauvais oeil. La traversée du village brisait le silence seulement interrompu par le rythme temporel couronné par le tintement du clocher. Puis, tout se tassait, au loin encore le murmure enfantin. Les chemins de pierres alors trouvaient leurs maîtres, les grillons arrêtaient leur chant, camouflés dans les herbes folles et dans les prés les vaches curieuses, stoppaient leur mâchouillement, l'air hébété. Les enfants hurlaient au vent, sortant leur lance-pierre. Sa majesté des lettres avaient dû être ainsi, un peu comme ses acteurs de La guerre des boutons de Yves Robert d'après l'oeuvre de Louis Pergaud datant de 1912.
Ma petitesse était un hommage que je lui rendais avec une joie profonde. Devenir soudain, un instant tel un petit pois qu'il pouvait prendre facilement dans sa main et déguster à sa guise devenait honneur. Je buvais ses paroles avec délice, un sourire fendu d'une admiration sans borne, regrettant de n'avoir sous la main le petit carnet de notes mais forçant ma mémoire à travailler plus durement pour retenir le moindre mot comme un trésor inestimable. L'élève devant le maitre, materné par le désir d'une connaissance ancestrale, l'orgueil dans les chaussettes et les yeux brillants. Je regardais ses livres comme on regarde des jouets sous le sapin de Noël, chaque couverture alors tel un beau papier cadeau, l'envie d'en dévorer chaque page, chaque ligne, chaque mot, d'en creuser la profondeur et de me contenter de cette nourriture spirituelle jusqu'à la fin de mes jours.
Il avait son stylo pour apposer à l'éternité son écriture manuelle, un stylo bien ordinaire cependant mais sa prestance, l'art même dans ses cheveux et sa barbe blanche, son élégance dans son costume noir impeccable relevé d'une note digne d'un gentleman avec son écharpe immaculée, me le renvoyait au siècle du grand Hugo, seul dans sa chambre qui grattait généreusement sa barbe bien fournie, debout face à son bureau surélevé, la plume en main. Le petit pois devint peau de chagrin, les yeux comme des billes, soudain muet, se tordant bras et jambes tel un enfant devant son grand-père, attendant la récompense sucrée.
L'autographe authentique ne fut lue que plus tard, dans l'intimité de la maison, digérant sans vraiment le faire la rencontre unique et se remémorant encore chaque parcelle d'images désormais ancrées à l'esprit. L'écriture d'un illustre, rebelle et pourtant droite, à elle seule énigmatique et déjà noble maîtresse, qui faisait de l'ouvrage un chef-d'œuvre de musée, frêle au toucher, riche de son contenu sorti de mon conte favori dont je suis l'humble passeur de voix et de mots... Mon heure de petit pois.

L.G.

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 9 Août 2014

 

 

Je m’ennuie...

J’essaie d’attraper les  secondes, les minutes et les heures. Mais, elles me reconnaissent toujours, moi, la vilaine humaine. Et elles courent, courent. Et je cours, cours. Mais en vain, je ne les rattrape jamais. Que dois-je faire ? Mourir et...me réincarner en automate du temps ? C’est une idée. Mais est-ce possible ? La mort est si capricieuse.

Je délire...

Cette journée semble interminable. Elle s’allonge dirait-on. Je me suis réveillée, ce matin, comme d’habitude. Le soleil jouait à cache cache avec les persiennes et il m’a fait un clin d’oeil éblouissant. J’ai souris... Enfin, grimacé. Le soleil est vraiment vilain avec moi. Je lui en veux mais je vais faire semblant de rien car ensuite, il me suit tout au long de la journée. On sait jamais ! Alors ? je me suis levée. Mes pieds directs dans les pantoufles chaudes. J’avais l’air molle... molle. Cheveux ébouriffés comme une sorcière, yeux pas en face des trous. Mais, j’ai tenu bond et j’ai avancé ma carcasse jusqu’à la cuisine. Je me réveillerais bien dans mon bol de café. Et effectivement, quand le liquide chaud a commencé a coulé dans la cafetière et que son odeur a commencé à s’évaporer dans la pièce, mes yeux se sont remis dans leur trou, ma langue pendait d’envie...  Pour la faire patienter, je me suis fais un jus d’orange pressé et là, elle a salivé de plaisir. Je suis pas sortable, on croyait un chien qui bave devant sa gamelle. Le café s’est arrêté de couler. J’ai pu enfin me réveiller.

Et les secondes, les minutes, les heures ont défilé. J’ai cru qu’il ferait nuit un jour mais, la nuit ne venait pas... ne venait pas... ne venait...

Le réveil...

Soudain, j’ai entendu une sonnerie infernale. Qu’était-ce ? On sonnait à la porte d’entrée ? Le carillon de l’église ? Un vaisseau spatial ? Mes yeux devinrent fous à chercher l’intruse. Je fouillai, fouillai en tous sens, bras comme en compétition puis le trou noir. Dringgggggggggg bing bang....pouffff.  Je revins à moi, j’étais dans mon lit. Le soleil jouait à cache cache entre les persiennes. Encore... J’avais donc rêvé.

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 19 Décembre 2012

Car le désir murmure dans les herbes folles, aplaties par ton corps, ton ventre dénudé sur son plat le bouton jaune de la marguerite que j’ai effeuillé pour te dire mon amour comme si nous étions des enfants encore. Car le désir, c’est déjà ne cesser de te regarder, sentir mes yeux sur toi, mes pupilles se dilater et une douce chaleur m’envahir comme si de par mes yeux tu me communiquais ton cœur endiablé qui pulse au rythme de tes sentiments. Car le désir c’est frôler un mur et imaginer ta peau contre la paume de ma main, c’est toucher un objet et imaginer ce que tu en penserais, te parler secrètement et sourire comme si ta voix déjà avait répondu à l’appel du silence. Car le désir c’est mon souffle qui me parle du tien, qui me dit que je vis et respire pour que tes bras m’entourent, marcher sans but mais savoir que quelque part tu es là et que tu existes, que tu es déjà à moi et qu’il suffit que nos chemins se croisent, rien qu’une fois, au hasard… Car le désir, c’est sentir que l’amour nous presse et que l’on veut s’envoler comme les anges avec des ailes toutes blanches ou translucides…. Le désir… c’est… Toi et Moi…. Désir…Te dire… Plaisir….Conquérir… Sentir… Vivre.

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 20 Octobre 2012

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Il fait tout noir, mais j’ai l’impression de flotter. Où suis-je ? J’entends une douce voix qui parle et je crois bien que parfois, elle me parle. Qui est-ce ? A qui appartient cette douce voix qui coule comme du miel jusqu’à mes petites oreilles ? Je l’écoute. Elle me berce et parfois, je m’endors en l’entendant. Et si je ne l’entends plus alors, cela m’inquiète et je m’agite. J’agite mes petites jambes et mes petits pieds. J’agite mes petites mains. Que c’est rigolo en plus ! Pouf, plouf ! Mais, je touche quelque chose. C’est tout doux. Qu’est-ce donc ? Et çà me répond par une chaleur incroyable. Je crois que je viens de comprendre, c’est la voix…

Çà te fait quoi ? , Tu vas être Maman.

Je suis heureuse, si tu savais. J’ai toujours voulu être Maman. Je t’aime déjà mon petit chéri….

La voix parle. Elle n’est pas seule. Maman ? C’est le nom de la voix. D’accord, va pour Maman. J’aime bien cette idée… Maman !  Je m’agite encore, très heureux de cette découverte incroyable. Je sens alors encore cette chaleur non loin de moi, plus forte. J’entends quelque chose qui frotte. Je tâtonne comme je peux.

Tu as vu ? Il a réagi mon petit chéri lorsque j’ai posé ma main sur mon ventre !

Oui, j’ai vu. Que c’est beau ! Oh ! Dis-moi, c’est pas son pied là ?

Si je crois que oui.

Ah ! Je comprends mieux ce que j’ai ressenti ! C’est la main de Maman. Oui, Maman, j’ai tout compris. Je t’entends et j’ai senti la douce chaleur de ta main. Ah ! Si tu voyais comme je suis bien ici, je flotte !!! Tiens de la lumière ! Non ? Oh, mais je vois ! Que c’est beau !  Merci Maman ! Mais, tu es où ? Je ne te vois pas. Par contre, qu’est-ce que je suis bien !

Gloup. Pouf. Plouf. Je m’amuse comme un petit fou. Et je me vois maintenant. Enchanté mes petites mains ! Oui, çà doit être çà, des mains. Enchanté mes petits pieds !

Oh, j’ai mal ! Heu, je crois que tu vas devoir m’amener à la maternité. Regarde, je suis trempée.

Tu as perdu les eaux ?

Oui. Vite !

Mais, que se passe-t-il ? Çà bouge là-dedans ? Maman, arrête ! Cela me fait mal au cœur. Je me sens pas bien. Arrête ! Et je glisse. Je glisse. Non, je veux pas sortir, Maman. Je veux pas. C’est quoi cette histoire que tu as perdu les eaux ? Je comprends rien, moi !

Madame, venez. On va vous aider. Çà va aller, vous verrez.

J’ai mal !

Oui, je crois que c’est normal, vous êtes déjà en travail.

Ce n’est pas trop tôt ?

Non, c’est normal. Votre bébé veut sortir.

Votre bébé veut sortir ? De quoi parle donc cette voix ? Et qui c’est encore que cette voix ? Je ne la connais pas, moi ! Oh, je glisse encore. Je glisse. Flouffff….  Gloup. Plouf. Paf. Et çà fait mal !! Mais qu’est-ce que c’est que cette lumière qui me fait mal les yeux, comme çà ? Dur. J’suis où là ? J’ai froid ! Je vais …. crier !!! Ah, ben çà c’est nouveau ! Moi aussi j’ai une voix. Mais, bizarre, j’arrive pas à dire Maman.

-Félicitation ! Vous avez là un beau petit bébé ! C’est un garçon !!! Vous voulez que je le pose un peu sur vous.

Oh oui !

Tenez.

Maman, c’est toi ? Oui, je crois que c’est toi. Que tu es belle. Et je reconnais ta voix. Maman, tu sais, j’ai eu peur, mais là, je suis bien contre toi. Mon cœur bat fort….

Tu es beau. Je t’aime mon chéri.

Moi aussi Maman. C’est beau ce que tu dis. C’est normal que j’ai froid, là ? Et que j’ai soif ?

Ben, je sais, je patiente… Mais quand même c’est bizarre, je flotte plus.

 

 

L.G. 

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 14 Juillet 2012

Le visage perlé et la main tremblante, je prends ma plume qui grogne. Je n’ai pas le choix d’écrire, elle le veut et me le fait comprendre. Je crois que sinon, elle va me dévorer, cette cannibale. Déjà qu’elle avale comme une gloutonne l’encre, sans en perdre une seule goutte. Ah pauvre de moi, si je n’écrivais pas sur la feuille blanche !! Le pire, ce sont les nuits ou les jours que ma page reste blanche et que la muse ne m’a pas rendue visite alors là, ma plume devient ignoble envers moi. Elle me traite de bon à rien et me jette de l’encre pour se moquer de moi. J’essaye alors de la calmer mais en vain. Il n’y a que lorsque le premier mot se pose sur ma feuille qu’elle s’apaise et qu’elle me laisse écrire. Oui, je suis esclave de ma plume ! Où est donc le boulet à ma jambe ? Il est invisible vous savez mais je le sens, posé au sol, et sa chaîne m’arrache la peau et ma jambe me fait souffrir. Dites-moi, si je fais un best-seller, serais-je libéré ?

 

L.G.

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 25 Mai 2012

 

            Le soleil a revêtu son armure de guerrier et nous balance ses rayons de feu avec fierté. Disparue sa vulnérabilité entre des nuages persistants et une pluie battante. Le bleu quasi-azur du ciel renverse les tendances. On se découvre et on ose un bout de peau pour en profiter. Les corsages plongent. Les rondeurs se dévoilent. Les jambes se libèrent au grès d’une brise légère et douce. Il fait enfin bon et les visages rayonnent eux aussi mais de leur plus beau sourire. On croise des regards voilés, sous d’épaisses lunettes noires. Mais le deuil n’en est pas la cause. Point de yeux cernés et de larmes suspendues. Le soleil brille… Et les rues s’animent. On prend le temps de papoter. On pense déjà à l’été, aux vacances… Ah les vacances !!! Cette année, on part ! Certains iront à la mer ; d’autres, à la montagne. Certains resteront chez eux, mais à coup sûr, profiteront de ce beau soleil.

 

Pourvu que çà dur ce beau temps !!

 

Les terrasses des bistrots sont bondées. On a campé les parasols. On vient boire un coup pour  se détendre ou se rafraîchir.

 

Sur la place du marché, les passants déambulent entre les stands, les petites vieilles avec leur panier en osier, les petits vieux, sacoches en bandoulière. On est arrivé à pied, le pas traînant ou on a garé pas loin, vraiment très près la voiture car marcher çà fatigue et y’a les rhumatismes qui se remettent difficilement du mauvais temps. Et çà papote, ça papote. Çà va bon train.

La fromagère sourit à l’arrivée de ses clients et se prépare déjà aux bavardages. Il lui faudra de la répartie. Mais elle a le bagout, elle a fait des études de psychologie alors les clients, elle sait comment leur parler. Elle s’adapte !

Le marchand de légumes vante ses produits. Il ne vend que du Bio. Mais omet de préciser que ses fraises venues d’Espagne font exception et que certains fruits et légumes ne sont pas de saison. Bizarre !! Mais les clients y croient et en plus, il a le sourire, il est bien gentil et parfois, il rajoute dans le panier de la ménagère un surplus. C’est cadeau, pour votre fidélité !!

Et faut pas oublier, la vendeuse d’habits.

« Venez voir, linge pas cher !! »

Alors, les clients affluent en masse, intéressés rien qu’au mot « pas cher ». Et c’est garanti cent pour cent français. Ah ?

« Heu, c’est normal, sur l’étiquette, c’est marqué … Made in Portugal »

“Mais oui, Madame, les tissus sont de France et on fabrique ensuite au Portugal”

« Ah oui… Bien sûr »

 

Et le boucher ! Faut pas l’oublier celui-là. A son stand, c’est dégustation avant midi, à coup sûr. Çà vous tente, le saucisson au poivre ? Ou encore, le saucisson à l’âne ? Oui, pourquoi pas, se dit-on, et on se laisse tenter… Et bien évidemment, on finit par en acheter du saucisson. Et, y’a le surplus… La vente de produits artisanaux.

« Vous faites aussi de la confiture et du miel ? »

« Mais oui, et c’est fait maison, par ma femme !! »

« Ah ! »

Et, le panier se remplit, se remplit. Un arrêt encore pour acheter des œufs frais. Oui, les poules sont élevées en plein air. Mais, donc c’est bio ? Oui, oui. On leur donne que de bonnes choses à manger, et elles mangent de l’herbe… Mais, oui, bon. Elles sont aussi gavées d’antibiotiques parce que sinon, je touche pas d’aide…Ah ! J’ai besoin d’œufs, j’en prends tout de même et je repars chez moi, à pied, chargé comme un bourricot et soufflant comme un bœuf.

 

 

Qu’il fait bon vivre, quand le soleil est de retour !!

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 23 Mai 2012

Parfois, on tombe et on se relève aussitôt. Et d’autres fois, la chute est brutale et la remontée difficile. C’est comme une chute dans un puits sans fond. On attend de toucher le fond, d’entendre, boum, de dire « aïe » et ensuite, on appelle au secours. Quelqu’un viendra bien nous aider à remonter en entendant le cri de détresse. Les parois sont glissantes.  L’échelle est hors d’atteinte… Mais la lumière est là, au-dessus de votre tête et vous la regarder. Si personne ne répond à votre appel, vous vous laisserez mourir, dans cette humidité et cette demi-clarté. L’image du puits, c’est votre chute dans le quotidien. Mais, le quotidien est tout autre… Vous luttez avec vous-même. Vous n’avez plus envie de parler, vous ne voulez plus sortir de chez vous, vous vous terrez dans cet isolement. Entre larmes et cris. Et les autres ne comprennent pas. Lorsque vous sortez finalement, vous esquissez votre plus beau sourire, sourire du tout va bien pour moi, la vie est belle. Les gens vous croisent et vous paraissez heureux. Mais un jour, quelqu’un vous retrouvera pendu dans une grange, à une poutre solide ou dans un verger à un arbre fruitier, hors saison des récoltes. Un jour, vous sauterez d’un pont après avoir observé comme un aimant l’eau qui s’écoule… Un jour, vous vous jetterez du toit d’un immeuble mais sans espoir de voler. Et le lendemain, sous la rubrique des fais divers, y’aura un petit article dans le journal qui mentionnera vaguement un suicide puis, vous retomberai à nouveau dans votre anonymat. Et la chute n’aura servira à rien. Quelques proches pleureront à la cérémonie de votre enterrement. Des gerbes de fleurs seront déposées, le cercueil glissera dans sa dernière demeure… Puis la terre le recouvrira pour l’éternité. Des anonymes chuchoteront des ragots… Mais qui saura vraiment la raison de votre mort ?

Et il y la personne qui sent la chute et qui ne veut pas totalement sombrer… S’accrocher aux jolies choses… Lutter… Antidépresseurs… Sensations… Somnolence… Vertige… Plus faim…La blancheur du visage. Reflet dans le miroir. Désespoir. …

 Mon ami parle-moi… Ta voix me fait du bien.  Tu me manques. Reviens me donner le sourire. Fais-moi rire. C’est si bon. Eclat de rire…Tu écoutes ?

 

 

L.G.

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Rédigé par Laëtitia

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Publié le 18 Mai 2012

J’imagine la rencontre. J’ai les mains moites. Je tremble un peu, je crois. Je croise son regard et tout de suite mes joues s’empourprent, comme en feu. Je sens en moi remonter la timidité de mes quinze ans et en même temps, j’ai cette impression d’être amoureuse pour la première fois. Pourtant, j’en ai vu passer des hommes dans ma vie et je suis mère maintenant, mais, lui… c’est différent. Il me bouleverse. J’ai le cœur en émoi. Il bat la chamade et tambourine à m’en faire mal au-dedans de ma poitrine. Je suffoque semble-t-il. Alors, je m’accroche à son regard, encore. Je le dévore et je ne peux plus m’en passer.  Il m’a fait cette promesse qu’un jour on se verrait et là, le jour est arrivé. En pleine séance de dédicaces, il est là, planté devant moi, un large sourire aux lèvres et il me regarde de ses yeux bruns aux reflets verts. Il a l’air aussi intimidé que moi, mais il tente de le cacher tout de même. Son éternelle carapace. Ses yeux brillent, j’en suis certaine. Les miens doivent être dans le même état. J’essaye de me contenir. J’essaye tant bien que mal de reprendre un peu d’assurance, en vain. Sa présence me bouleverse totalement et je ne me sens plus moi-même ou du moins le suis-je trop. J’ai trop attendu cette rencontre. Je l’ai tellement imaginé. Imaginer chaque scène mais là, c’est bien réel et je ne maîtrise plus rien. J’ai encore une impression, celle de ne plus être là ou alors que c’est irréel. On est seul. Y’avait foule. Un brouhaha informe et impossible. C’est le silence, soudain. Y’a plus personne. Et on entend juste le tintamarre de nos deux cœurs. C’est fou comme ils cognent fort. Personne n’entend ? Je vais bafouiller, je le sens. Je triture mon stylo, nerveusement. Je baisse les yeux. J’attends qu’il parle. Mais il ne dit rien. Il me regarde toujours, je le sens bien. Je fais semblant machinalement de remettre en place mes bouquins, comme çà pour juste faire quelque chose. C’est là qu’il ose me toucher la main, comme pour m’arrêter et me dire :

« Tu sais qui je suis ; fais pas semblant. C’est moi, Stéphane. »

Le contact de sa main me fait frissonner. Comme si j’avais froid soudain, mais ce n’était pas le cas. Il fait une chaleur à crever dans la salle. D’ailleurs, on a tous eu le droit à notre bouteille d’eau en plastique de Vittel, nous les auteurs. On nous bichonne. Ma bouteille est à moitié vide, là à côté de moi, par terre, à mes pieds. Stéphane a parlé. J’suis toujours troublée mais je commence à m’habituer à sa présence comme la première que j’ai entendu sa voix au téléphone. Je savais pas quoi dire, quoi faire. Je l’avais vouvoyé, par pudeur stupide sans doute car je crevais d’envie de le tutoyer mais, j’ai mis ma réserve, là, comme une distance de protection entre nous. Cela me mettait plus à l’aise. 

J’ose regarder à nouveau Stéphane. Le monde reprend vie autour de nous et avec lui, le brouhaha insupportable de la foule, les lecteurs qui se pressent dans la salle, à l’affût de la bonne affaire, du livre qu’ils dévoreront en silence chez eux comme des cannibales. Cela me fait sourire finalement. Cette cohue me rassure car au fond toutes ces personnes ont au moins un point en commun avec moi. Ils aiment lire et je me sens bien dans ce monde. Quelqu’un s’approche de moi, derrière Stéphane. Une femme. L’air intéressé par mes bouquins. Elle se rapproche encore. Stéphane lui cède la place tout en croisant mon regard. J’y lis une certaine fierté. Je sais pourquoi, il me regarde ainsi. Je lui souris, heureuse comme jamais. Je suis dans mon élément, là. Je suis moi, femme et écrivain. Libre. Et Stéphane est là. La femme prend un de mes bouquins et commence à le feuilleter avec délicatesse. Je regarde ses mains. J’y perçois alors un peu son univers. Ses mains sont blanches. Des vaines bleues les strient. Mais cela les rend belles. Ses mains, c’est sa vie. Elles ont des rides. De belles rides. Je la regarde. Je ne peux m’empêcher de lui sourire. Je sais pas si elle me prendra un bouquin mais rien que sa présence me procure du bonheur. J’attends. Et je l’observe, tranquillement. Je cherche aussi le regard de Stéphane. Je ne veux pas le perdre. La femme continue à regarder mes bouquins. Je vois qu’elle lit un de mes textes. Elle me jette un coup d’œil un bref instant, puis y replonge, toujours silencieuse. Je suis fascinée. Et j’attends. Stéphane ne me quitte pas des yeux. Il sourit toujours. Enfin, la femme referme le livre qu’elle a dans les mains. Touche sa couverture. Semble la palper pour s’en imprégner. Elle se lance….

« J’aime la poésie vous savez. Et votre poésie, c’est… Comment dire… une merveille »

« Merci », fis-je. »

« Elle est originale la couverture en plus… çà change. On croyait un vieux livre et çà sent le cuir !! »

« Oui, c’est fait de manière artisanale par mon éditeur. Moi-même, cela m’a surprise et agréablement d’ailleurs la première fois que j’ai vu un exemplaire de mon livre »

« C’est vrai et çà me tente bien… »

« C’est à vous de voir Madame, je vous force pas… »

Je cherche à nouveau le regard de Stéphane. Il ne me regarde plus. Il est parti flâner dans les rayonnages en attendant. Je suis déçue. Mais, je n’en montre rien. Il va revenir, je le sais. Pourtant, mon cœur se serre. J’ai mal en moi. Je crois que je pourrai tout plaquer d’un coup-là. Stéphane… Qu’en penserait-il ? Le connaissant, il m’en voudrait. Il sait à quel point écrire, c’est toute ma vie. Sans çà… Reprend-toi, ma fille. Reprend-toi. Je reconcentre mon regard sur la femme. Elle a toujours mon livre en main et ne semble plus vouloir s’en défaire. Cela me fait sourire et je m’imagine avec ironie dans ma tête, sa main collée avec de la colle glue. Et oui, pas le choix là, tu dois l’acheter mon bouquin… Sinon, faudra faire appel au S.A.M.U. si tu veux t’en dépêtrer. J’ai une de ces envies de rire. J’ai du mal à me contenir. Heureusement, la femme, finalement se décide.

« Je vais vous faire confiance, Mademoiselle »

« Madame… C’est Madame. Merci à vous de votre confiance. »

« Vous pouvez me le dédicacer ? »

« Oui, bien sûr, avec plaisir. Je le mets à quel nom ? »

« Marie-louise »

« Va pour Marie-louise »

Je prends mon stylo. C’est un bic noir… J’aime faire mes dédicaces en noir. Je trouve cela classe. Et je j’ouvre le livre à une page vierge du début. Et je commence à écrire de mon écriture en script… J’ai jamais aimé mon écriture mais bon. Je m’applique pour être lisible au moins et que le style soit plaisant. A Marie-louise… Que ma poésie vous émerveille jusqu’à la dernière page. Bien à vous. Laetitia….

Je sens que Marie-louise m’observe. Elle ne me lâche pas une seconde. Tout en écrivant, je lui offre un large sourire pour la faire patienter. Elle a l’air aux anges et moi donc. J’ai vendu un de mes bouquins et Stéphane est là… Je suis pas aux anges, moi ; j’suis au Paradis !!

Ma dédicace terminée, je tends le bouquin à Marie-louise qui me remercie chaleureusement. Elle n’en finit pas d’ailleurs de me remercier et moi, j’ai envie de rejoindre Stéphane ou qu’il voit enfin qu’il peut revenir vers moi. Les derniers instants avec ma future lectrice me semblent interminables. Puis, enfin, elle part, l’air satisfait et moi, je sens mon cœur accéléré comme un malade. Stéphane…

Stéphane est toujours en train de farfouiller dans les rayonnages de livres. Ses doigts glissent entre les livres. Il a l’air concentré. Seulement l’air… Comme s’il avait soudain senti mes yeux posés sur lui, il se retourne et me lance un regard plein de tendresse. Il me fait signe qu’il arrive. Délaissant les livres rangés, il se dirige d’un pas rapide et léger vers moi. Arrivé, près de mon stand, il me sourit à nouveau. Il est heureux, je le sens.

« Alors, elle t’a pris un bouquin ? »

« Oui, fis-je », le cœur battant.

« Super !! Tu dois être contente. »

« Oui, très… », fis-je, à la fois contente mais lassée.

Je regardai un instant les autres auteurs. Certains croupissaient sur leur chaise dans l’attente intenable d’un lecteur. D’autres gaspillaient leur salive à conter pour la nième fois le résumé de leur chef-d’œuvre. Je n’avais rien contre, bien entendu. J’aurais fait la même chose en tant normal. Mais, la présence de Stéphane changeait tous mes projets. Il était devenu alors ma priorité et je ne rêvais que d’une seule chose en cet instant, fuir. Fuir avec lui, n’importe où. Peu importe. Fuir et ne plus jamais revenir. Qu’il me tienne la main… Mais, je ne pouvais pas fuir comme çà. Pas maintenant. Pas comme çà. Je n’étais pas libre.  Stéphane continue à me sourire mais je sentais qu’il était songeur lui aussi.

« Stéphane ? »

« Oui… »

« Je fais une pause, çà te dit qu’on aille se boire un café au bar de l’hôtel du coin ? »

« Comme tu veux, oui »

« Tu veux pas, toi ? »

« A ton avis ? »

Je me mis à regarder ses yeux, à les scruter intensément. Bien évidemment qu’il en crevait d’envie lui aussi. Je le lisais dans son regard et je devinais son impatience. Ses mains tremblaient. Il était toujours comme çà quand il me parlait. Comme nerveux. Mais il ne l’était pas. C’était l’émotion qui le trahissait. Je pris machinalement mon sac à main, demandai à l’auteur qui était à côté de moi s’il pouvait me surveiller mes livres et nous voilà enfin partis, côte à côte et l’envie forte d’être seuls.

On sort vite de la salle surchauffée comme pour prendre l’air mais en fait c’était comme une fuite agréable pour nous. On avait le sourire aux lèvres et l’air joyeux comme des enfants. A ce moment, une envie folle de courir comme des fous dans les couloirs. Stéphane m’arrêta brusquement et me prit la main avec douceur.

«  Arrête, fit-il, viens. »

Il se mit à rire comme un gosse et moi de le voir ainsi je rayonnais vraiment de bonheur. J’en avais plus rien à foutre de tout le reste. J’étais avec lui et c’est tout ce qui comptait désormais. Je le laissai me prendre la main. Ce contact, la chaleur de sa peau me donna la chair de poule. Je sentis un long frisson me parcourir dans le dos. J’en fus émue aux larmes. Stéphane planta son regard dans le mien. Sa main tremblait encore. Cette fois, la mienne aussi.

« Je t’aime, tu sais »

« Oui, idem »

Je me mis à bafouiller en le disant. Intimidée oui comme à mes  quinze ans et pourtant, je l’avais bel et bien passé cet âge. Mes joues se remirent à rougir. Cela sembla l’amuser.

« Tu vois que tu es belle, non ? Lis dans mon regard… »

Oui, dans ses yeux, je lisais tellement. J’y lisais son émotion, intense. J’y lisais son bonheur, ses sentiments pour moi… Sa sincérité.  Et je m’y sentais si bien dans ses yeux. Leur velours me berçait de sa chaleur. Et ses reflets verts… N’en parlons pas. Je m’y serais noyer dans ce vert.

« Tu n’es pas mal non plus, idiot »

Stéphane se mit à rire franchement.

« T’es incroyable, c’est fou »

« Je sais », fis-je l’air de rien

Puis, sans rien dire, il posa sa main sur ma joue et me la caressa, toujours avec cette tendresse que je lui connaissais si bien, partout où il était et partout où il pouvait me parler. Il était tendre avec moi et je sais pas pourquoi, je l’avais su dès notre première conversation. Pourtant, à l’époque, il gardait encore sa carapace pour me parler… et soudain, ses lèvres se posèrent sur les miennes. Du velours, encore du velours. C’était çà que je ressentis dans l’instant et envie de dire, encore, ne t’arrête jamais. J’ai peur que çà s’arrête, tu sais. Pince-moi, je rêve… Je répondis au baiser de Stéphane avec fougue, la fougue sûrement de l’attente, du temps passé. Et j’y pris goût et en redemandais comme enivrée de ce baiser.  C’était comme un baiser de cinéma mais bien plus vrai celui-là. Pas une image qui passe devant nos yeux humides car la scène est trop belle à voir. Non, un vrai baiser. Et, j’y succombais avec bonheur.

Des clients de l’hôtel passèrent et nous regardèrent avec curiosité et envie. Ils se mirent à sourire à cette scène qu’on leur offrait gratuitement. Faut dire que c’était inattendu ; en plein milieu du salon littéraire, dans un coin, là, un couple qui se bécote, pas discret en plus. Alors, que les gens autour se parlent ou  cherchent des livres.  Ce fut le baiser du siècle !

Soudain , une sonnerie… Je demandai à Stéphane si c’était son portable qui sonnait comme çà, mais il ne sembla pas m’entendre et ne me répondit pas. T’entends pas la sonnerie ? … La sonnerie…. La sonnerie…. La sonnerie…

La sonnerie en question, c’était celle de mon super réveil à cloches, vous voyez le genre. Ah je tombais des nues, là. Mon beau rêve envolé. Le réveil sonnait. Ces clochettes faisaient un boucan du tonnerre. J’eus envie de le foutre par la fenêtre, illico presto. Mais je n’en fis rien. La gueule enfarinée après mon rêve, cheveux ébouriffés. J’étais moins belle, là. La dure réalité. C’était l’heure de me doucher et de déjeuner avant d’emmener ma fille Marie à l’école. Oui, dure réalité comme un coup de massu. Adieu mon beau prince charmant…. Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule, mon mari ronflait à n’en plus finir.  Ah, quelle vie !!!

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Rédigé par Laëtitia

Publié dans #Récit

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Publié le 9 Mai 2012

Après avoir tourbillonné à en perdre la tête à cause d’une monstrueuse spatule métallique qui me rendait malade en provoquant un chaud et froid et une migraine incroyable, après avoir longtemps bouillonné et mijoté dans une immense cuve, l’imbécile au bonnet ridicule et blanc n’a rien trouvé d’autres que de me verser dans des moules vraiment rikiki. Mais hélas, je perdis de ma masse et je me mis à déprimer d’avoir perdu ainsi de ma corpulence et de mon importance. Puis, comme si cela ne suffisait pas, il m’a cramé ma belle peau brune dans un four à haute pression. Ah, j’ai eu l’impression d’avoir vécu un séjour gratuit dans un sauna dans un complexe de thalassothérapie, je peux vous le dire, croyez-moi !

Ensuite, j’ai eu le droit à une séance de relooking. Et vas-y que je te peinturlure avec du blanc, du rose, que je t’assaisonne avec du paprika ou du piment, et vas-y que je te fourre avec des noisettes ou encore des noix, du riz et j’en passe. Ah, j’ai bien cru que cela ne finirait jamais. Pourvu qu’il ne me demande pas de défiler pour Jean-Paul Gautier !

Ce ne fut pas le cas, bien heureusement. Finalement, il m’a laissé tranquille et m’a déposé dans une superbe villa avec véranda toute vitrée et illuminée. Alors là, c’était la classe, j’étais enfin peinard et il m’avait mis la clim’ : quoi demander de mieux ! Seulement, les vacances furent de courte durée, hélas, une fois de plus. Y’a eu comme un grand courant d’air puis, je sais pas trop ce qui s’est passé. J’ai cru voir des nuages assombrirent le ciel si clair et soudain,  ce fut le trou noir.

Sorti de ce trou noir, je ne réalisai que trop tard la fin tragique qui m’attendait. J’eus juste le temps d’apercevoir une bouche monstrueuse s’entrouvrir puis, je fus soudain submergé d’un liquide infecte et puant. On aurait cru de l’acide. J’essayai en vain de résister à mon adversaire mais, je me sentis fondre comme un glaçon au soleil avec une surprenante rapidité.  J’entendis que quelqu’un soupirer de plaisir… Ce fut la dernière que je perçus sur cette terre.

 

Arrivé aux portes du Paradis, je demandai avidement à Saint-Pierre, ce qui s’était passé.

Saint-Pierre me répondit en se léchant ses lèvres recouvertes d’une pâte en apparence onctueuse :

Tu as fondu à cause du péché de l’homme : la gourmandise.

Ah bon !

C’est alors que je compris avec amertume mon cruel sort. Malgré tout, en me tâtant la masse,  je ne pus que me réjouire de ma résurrection.  Merci Seigneur de votre bonté !

Alors, pourquoi donc l’angoisse ne me quittait point depuis?

 

 

L.G.

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Rédigé par Laëtitia

Publié dans #Récit

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