SOS d’un navire,

Publié le 17 Novembre 2012

Et tangue la coque, brisée par les flots

Rageurs. Voiles trop gonflées. Les marins s’agitent

Sur la passerelle trempée. On entend l’écho

De leur peur et de leur cri qui se débitent

Puis s’effacent dans la tempête hurlante.

 

 

Capitaine à la barre,

Gorge nouée. Regard

Perdu,

Pensant déjà son navire disparu.

Puis, l’énergie du désespoir,

Vaillant, il combat son angoisse

Et rêve de revoir

La terre promise. Que décroisse

La houle furibonde

Et que gronde

Les derniers soubresauts

De colère du ciel.

 

 

Puis la lueur du phare

Encourage.

La tempête encore fait rage.

Mais, l’espoir est revenu.

 

 

L’équipage mène le navire.

Il faut survivre ou mourir.

La coque s’ébranle, craque.

Le bois claque.

Puis se brise.

L’eau engouffrée danse

Comme un serpent,

Rugit comme un dément.

Elle panse les blessures oubliées

Panique à bord.

Il faut se jeter au dehors

Dans les flots agités.

On se signe, regards désespérés

Vers les cieux meurtriers.

Mais Dieu garde le silence

Malgré les supplications.

Les éclairs strient la voûte céleste. O clémence

Une dernière fois demandée ! Puis la passion

Religieuse s’envole. Il faut sauver sa peau.

Point de héros.

Juste des âmes en péril.

Dès lors, défilent

Les minutes et les secondes.

Des corps apeurés, tombent

Dans les abîmes noires et sondent

Un instant la vie des ténèbres. Canots jetés. Bombent

Les voiles qui soudain se déchirent.

Le mât se rompe avec fracas.

Coup de canon tiré

Pour l’ultime SOS avant le trépas.

Capitaine résigné

Resserre l’étreinte de ses doigts

Sur la barre. Dernier roi

Du navire, il soupire.

Et les flots se projettent

Dans la cabine. Rien ne les arrête.

Adieu Capitaine.

Le navire prend l’eau.

 

 

 

A l’eau, les marins s’agitent.

La froideur les aspire et les transperce.

On s’accroche à la vie qui déverse

Son souffle. Petits canots tanguent dangereusement.

Le vent hurle. Les vagues avalent.

Survivre…

 

 

 

Et au petit matin,

Sur la rive, jonchée de bois mouillés,

Des corps inertes, grisâtres, enveloppés d’algues sombres.

Le ciel est éclaircit, quelques nuages encore accrochés

A l’azur. Puis des ombres

Qui accourent, bouches béantes.

Des cris. Des pleurs.

Des femmes qui se tapent la poitrine

Marmots accrochés à la tétine

Maternelle et rose.

Puis se posent

Les visages ravagés

Et humides.

 

 

 

Juste un râle…

 

 

 

L.G.  

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

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