Ode à Sakineh

Publié le 13 Février 2012

 

 

 

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Pour avoir voulu ailleurs un peu de tendresse

Vous me jetez, juges cruels, des pierres dures.

Pour avoir voulu sortir de ma coquille : allégresse !

Vous me jugez, assassins sans cœur pur.

De quel droit me condamnez-vous ainsi ?

N’avais-je pas une chance de vivre une autre vie ?

Moi, femme, bâillonnée, voilée, soumise.

Votre jugement au fond n’est pas une surprise.

Je côtoie depuis mon premier cri : l’injustice.

Clôture de sexe pour ne pas goûter les délices

De la chair.

Promise avant d’aimer

Un être cher.

Cachée sous voilure grillagée.

De mon regard,

A peine se devinerait

La perle qui roule

Ultime désespoir en boule

Du creux digestif

Echaudé par les règles antiques

Qui monte et jaillit : explosif

Silencieusement expressif.

Noce blanche ; noce de sang.

Je sombre dans la pénombre.

Voilée à jamais de mon dernier linceul.

Je m’abreuve une dernière fois de la vie : seule.

Mon corps s’échauffe,

Me brûle ; me trahit.

Mon corps s’engourdit ;

M’abandonne.

Puis le néant m’enveloppe de sa noirceur.

La main de Marie apaise toutes mes peurs.

Ma noce mi-blanche, mi-pourpre

S’ achève.

Les yeux de Marie, tendres

M’éclairent de leur profondeur.

Infinie douceur.

Dernier souffle de vie.

Le voile se lève : ensanglanté.

La Terre Mère est souillée.

 

 

L.G.

 

 

 

 

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

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