Le lézard

Publié le 13 Février 2012

Les écailles dorées de soleil

Il a le cœur au ralentit, en sommeil.

Sous une pierre usée, sa respiration lente

Siffle légère comme une bise de vent qui se campe

Dans l’univers gulliverien.

 

Le chat passe, joueur.

Le lézard guette. Jusqu’au ventre, la peur.

Le chat miaule. Pattes en avant.

Il attend, le bon moment.

 

Le lézard se terre.

Au dehors pour lui c’est l’enfer.

Souffle court et rapide.

Il voit le monstre-chat

Qui n’attend que son trépas.

Son sang se glace.

 

Puis, le monstre-chat s’éloigne,

A pas de velours

A la tombée du jour.

 

Le lézard pointe sa tête

Et sort. La nuit s’est glissée

De tout son long. Prête

A reluire. En attendant, l’obscurité

Trompeuse

Est joueuse.

Seuls les bruits marquent le silence

De leur présence.

 

Le lézard prend l’air,

Tout fier ;

Il est vivant.

Il prend son temps.

L’air est frais.

Il la lèche

De sa langue fourchue.

Balaye l’Inconnu.

 

Libre…

Il est libre.

Ivre de sa liberté

Retrouvée. Il va lézarder

Un peu dans les parages…

Seulement, il n’a pas perçu le mirage

De la nuit.

 

Une ombre le suit.

L’épie,

Semble-t-il…

 

Une odeur…

Il la sent, prenante

Et puante ;

Familière…

Que faire ?

 

Soudain, l’ombre bondit

Et rugit.

Le lézard rougit.

Autour de lui une marre de sang.

Son œil perçoit, bref instant

Une griffe acérée et étincelante.

Trop tard. Agonie lente.

Souffle brisé, chaire à vif.

Il se sent comme chaviré sur un récif.

 

La pierre il connaît.

Mais elle ne sera pas son tombeau.

Le ciel si beau

Le couvrira de son or.

De l’or sur un tapis rouge…

 

L.G.

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

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