Jaune comme le sang, duo avec Henri Valachman

Publié le 14 Juin 2012

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                                                           (Toile de Henri Valachman)

 

 

Sur nos vêtements brilla l’étoile

Ornement funeste qui se dévoile.

Ce n’était qu’un morceau de tissu

Au départ, c’est ce qu’on a cru.

Puis, notre liberté s’est vue freiner.

Nos droits diminuaient

Alors que les feux de la guerre s’amplifiaient.

 

 

 

Adieu, liberté, fraternité, égalité.

On nous a condamné.

Adieu belles vitrines, même une minuscule cabine

Nous était interdit.

 

 

 

Au pas les S.S.,

Et nous qui ne bronchions pas.

Départ de voyageurs incertains

De leur lendemain.

Sous les armes, rassemblés,

Le voyage était assuré

Dans des wagons, entassés.

Adieu, mon oxygène

Tu étais ma reine.

Où es-tu que je te respire.

Je vais crever, ici ou ailleurs

Je crois que de toute façon, il faut le dire.

 

 

Puanteur et chaleur,

On est des amas de chair

Qui manquent d’air.

La peur s’installe.

La sueur perle sous nos vêtements.

Mais sent-on que çà pue, là-dedans ?

Des pleurs gémissent

Et vomissent

Des larmes comme des prières.

Est-ce l’enfer ?

Non, ce n’est que le commencement de la fin.

Au lendemain de notre voyage,

Le train de marchandises

Où nous étions du bétail

En pagaille,

S’arrêta.

Les portes s’ouvrirent sur l’air

Qui nous gicla en pleine face.

S.S  hurlants,

Il fallait descendre.

Par-dessus les premiers cadavres

Qui nous dictaient de leur silence de cendre

Et de leur raideur que nous ne verrions plus un havre

De paix.

 

 

 

 

Puis, nous vîmes le camp, notre dernière demeure…

 

 

 

L.G.

 

 

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

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mansfield 15/06/2012 14:21

Un aspect saisissant de cette guerre, bien restitué.

Laëtitia 15/06/2012 17:47



Merci beaucoup de votre commentaire



Bernadette 15/06/2012 13:50

On ne sait que trop comment se passèrent ces jours et ces jours vécus par des gens dont le seul tort était d'être nés juifs.
Le tableau d'Henri illustre fort bien ce départ pour l'enfer.

Laëtitia 15/06/2012 17:47



Oui, on essaye de se l'imaginer mais on ne sera jamais à leur place...



Ribot Raoul 15/06/2012 08:57

Jaune comme le Sang. Mon âge me permet d'avoir en mémoire les événements qui sont illustrés par une peinture et votre poème. Il est bon de temps en temps de rappeler ou de faire connaître à ceux
qui les auraient oubliés ou qui ne les ont pas connus, ces crimes perpétrés par les nazis durant la seconde guerre mondiale que de nombreux innocents, femmes,hommes, enfants ont payé de leur vie.
du fait de leur religion, de leur appartenance à un mouvement de résistance combattant ou simplement par leurs écrits afin de s'élever contre la tyrannie. Qu'un nouvel hommage leur soit rendu ce
n'est que justice.

Laëtitia 15/06/2012 09:25



Oui, je suis comme vous. Je suis plus jeune mais cela me touche énormément. Je me souviens de vidéos montrées à l'école sur l'école. J'en étais bouleversée et mes grands-parents, ont été marqués
par ce passé de guerre et d'atroccité et ceux qui sont encore en vie, le seront jusqu'à leur mort. La peinture le démontre car ce peintre a en lui encore la tristesse de ce passé. Je n'en dirais
pas plus par respect pour lui silmplement qu'il a de bonnes raisons pour avoir peind cette toile. Merci de votre commentaire. Bonne journée à vous. Laetitia