Algérie, mon amour,

Publié le 28 Mai 2012

Mes pas se pressent

En liesse,

Dans les rues étroites du souk.

Les épices embaument mes narines.

Odeurs enivrantes presque divines.

J’arrive à en dissocier les arômes divers

Qui s’éparpillent fièrement dans l’air.

La cannelle fait frémir mes prunelles

Comme un doux accord de violoncelle

Qui se ballade.

L’encens me fait tourner la tête

J’ai cette impression de flotter comme Aladin

Sur son tapis volant. Je m’entête

Alors à observer si je ne trouve pas

La lampe magique au coin d’une boutique.

Alors, j’arrêterais mon pas

Pour la frotter.

Mes yeux se noient entre les paniers d’osier

Remplis à ras bord, l’envie d’y plonger mes mains

Dans caresser chaque saveur me tenaille.

Ici, on ne parle plus de racailles

On respecte par des saluts ;

On offre volontiers des sourires

Parfois même on fait rire

Par une question qui semble étrange. Je suis émue.

Je déambule

Comme un funambule

A l’aise sur son fil.

Et devant moi, défilent

Des visages, des gestes d’un autre âge

Je vois des mains agiles et habiles

Des doigts qui créent

Sans se soucier que je les regarde.

J’admire les maisons aux voûtes solides

Qui magnifiques se lézardent

Par le temps.

Je prends la pause

Pour m’imprégner de l’atmosphère

Je veux enregistrer en ma mémoire le savoir-faire

Du rodin, de la toile, du bois à la métamorphose,

Admirer le panier, le toucher,

Palper la toile qui se dévoile

Fils d’or et colorés, les tapis tissés ;

J’imagine le temps de prière

Ou la tête d’une personne s’y posera

Dans un geste humble et délicat,

Je vois la maison chatoyante et accueillante

Les pieds nus des visiteurs effleurer

Le tissu.

Le bois mis à nu

Qui revit, sculpté.

Les boiseries qui régalent l’œil

Richesse sans orgueil.

La rue

Me berce

De sa douce folie.

Des bruits

Epars.

Jusqu’à la tombée de la nuit…

Rester, j’en meure d’envie

Mais il est temps de quitter

Les lieux. Tristement

Comme l’obscurité

Qui se jette sur les toits des boutiques

Ombres progressives s’étendant. Larme écrasée

Sur la joue. Typique

D’un départ.

Aurevoir, mon amour…

 

 

 

L.G.

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

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