Une robe en rose

Publié le 16 Janvier 2017

Une bouteille à la mer
engloutie par les flots,
chahutée au hasard
de sa course pris fin
échouée sur un sable blond.

Au soleil,
le verre luisant,
mouettes à l'aveuglette, rouspétant,
coques toquent croyant à l'asile
mais au demeure, rien ne bouge, ni ne s'ouvre,
la sécheresse seule en partage.

L'homme rêveur et solitaire
pas enfoncés,
le regard sur l'horizon
s'apaise devant le scintillement bleu.
De l'orteil, soudain, l'obstacle le chagrine,
rêverie emportée par la douce brise.

La bouteille dans sa nudité de vierge
étonne l'oeil à peine éveillé
et de doigts, l'homme frôle la paroi
caressant l'intime.

La rose éblouit,
sa couleur plus féminine,
ses épines soudain pudiques
danse dans son arène
dans sa robe blanche
à peine bleutée.

L'homme scrute,
l'envie et le désir mêlé.
La rose et belle
et sa danse de sabbat hypnotique.
Il caresse le verre,
le presse entre ses doigts,
l'effleure de ses lèvres
et n'y pouvant plus libère les trésors contenus.

La rose inspire,
l'air iodé jusqu'au bout des pétales,
titillant ses épines
soupire d'aise
et défroisse sa robe qui éclate au soleil
et glisse de sa tige
avec délice.

L'homme sourit,
la beauté sous les yeux
et regarde la robe étalée soudain sur les grains dorés
qui ondule, se déplie et s'étire comme pour prendre la pause
et rosir sous l'astre chaleureux.

Quelques taches bleues
attirent l'homme
qui intrigué,
s'agenouille
comme en prière.

Des mots,
des mots jaillissent
comme des saphirs étoilés
et le plongent dans le monde de Kâma.

Son regard troublé vogue dans le lointain
aspirant à un autre naufrage
ou à l'arrivée d'une sirène.

Un vent de sable se lève,
perturbant le songe
et balayant toute trace.

Sur le sable seule,
la forme élancée d'une silhouette
conta l'histoire...

L.G.

Rédigé par Laëtitia

Publié dans #poème

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